Institut d’histoire du temps présent
Appel à communication pour le séminaire sur les administrations coloniales
Projet de recherche
Administrations coloniales
Programme 2010-2011
Deux demi-journées: 20 janvier et 26 mai 2011
(limite: 30 octobre 2010)
Présentation
La réflexion engagée à l’IHTP sur les administrations coloniales européennes et leurs pratiques a montré la richesse et la diversité du thème. Le travail effectué jusqu’ici, dans le cadre d’une journée d’études, d’un colloque international et de séminaires organisés à l’Institut, n’a pas épuisé le sujet. L’objectif de ce nouveau séminaire, qui prendra la forme de deux demi-journées d’études en 2011, est de poursuivre le débat mais aussi de favoriser la réflexion, conduite sur un espace très large (Afrique, Asie, Méditerranée) et dans une démarche comparative, sur d’autres questions et de définir des perspectives plus larges.
La réflexion sur les administrations coloniales européennes que nous proposons pour 2011 peut se décliner selon deux axes principaux qui sont liés :
Le premier consiste à s’interroger sur le rôle et les pratiques des administrations militaires. Loin de s’apparenter à un pouvoir «invisible», les administrations militaires s’insèrent dans le tissu politique et social des colonies, protectorats et mandats. Outre leurs actions en matière de maintien de l’ordre ou de rétablissement de l’ordre, les armées ont aussi, en situation coloniale, administré, c’est-à-dire dans une large mesure gouverné. Il paraît ainsi utile:
- de faire le point sur l’état et les tendances de l’historiographie sur cette question;
- d’analyser les stratégies mises en œuvre par les autorités militaires pour administrer les territoires coloniaux placés sous leur tutelle. Cette mise en perspective permettra notamment d’aborder le rôle et la fonction de la justice militaire dans la domination impériale;
- de repérer les dérives (abus de pouvoir, corruption…).
La deuxième orientation de cet axe privilégie l’approche comparée avec les administrations civiles. Celle–ci vise à:
Le deuxième axe est consacré aux résistances des populations colonisées et aux contraintes locales. L’objectif de cet axe est d’analyser les réactions des sociétés colonisées aux politiques sociales et économiques dites de « modernisation », aux textes et aux diverses décisions souvent conçus en métropole. On relèvera que les « réformes » initiées par les pouvoirs coloniaux se sont parfois heurtées à une organisation et à des structures sociales, économiques et religieuses précoloniales, qui sont solidement ancrées.
A ce titre, il est intéressant de :
Les propositions de contributions à ces deux demi-journées d’étude seront adressées sous la forme d’un titre et d’un bref résumé avant le 30 octobre 2010 à s.mechat@free.fr
- dégager les différences et les éventuelles similitudes des pratiques et leurs finalités. Pour approfondir la réflexion sur ce dernier point, la démarche combinera différentes dimensions portant à la fois sur le regard de l’administration militaire sur le pouvoir civil et sur les connivences ou les conflits entre les deux pouvoirs (conflits de personnalités et/ou d’intérêts, divergences sur les méthodes d’administration ou sur l’application de textes réglementaires et des décisions politiques, traitement des indigènes….)
- mieux comprendre la circulation des pratiques, des hommes, le poids et la place des militaires dans l’administration civile, ainsi que les processus complexes de prise de décision ;
- mieux saisir la nature des liens entre les pouvoirs civils et militaires ainsi que les relations avec les populations, les notables et les autorités indigènes.
Le deuxième axe est consacré aux résistances des populations colonisées et aux contraintes locales. L’objectif de cet axe est d’analyser les réactions des sociétés colonisées aux politiques sociales et économiques dites de « modernisation », aux textes et aux diverses décisions souvent conçus en métropole. On relèvera que les « réformes » initiées par les pouvoirs coloniaux se sont parfois heurtées à une organisation et à des structures sociales, économiques et religieuses précoloniales, qui sont solidement ancrées.
A ce titre, il est intéressant de :
- s’interroger sur la manière dont ont été perçues aussi bien par les colons que par les populations indigènes, les législations foncières, tantôt rejetées, tantôt défendues, la tentative de réformer le statut personnel ou celui de la femme, la politique de l’enseignement, la «réforme» de la justice….
- d’une part, de mettre l’accent sur les contradictions des administrations coloniales qui oscillent entre deux tendances. Elles manifestent la volonté d’organiser un espace socio-géographique selon des règles définies par la métropole, mais elles sont aussi contraintes de s’adapter aux situations locales et de tenir compte des résistances;
- de l’autre, de comprendre les fondements de cette attitude de refus. Ce refus serait-il porteur d’identité? A travers quels réseaux, quelles organisations (nationalistes, religieuses, syndicales, culturelles…), et à travers quelles pratiques se manifestent les résistances au «changement» ou aux méthodes de gouvernement des administrations coloniales européennes?
Les propositions de contributions à ces deux demi-journées d’étude seront adressées sous la forme d’un titre et d’un bref résumé avant le 30 octobre 2010 à s.mechat@free.fr
Anne-Claire Bonneville (MCF- Saint- Cyr –Coëtquidan)
Samia El Mechat (PR-UNS/IHTP)
Florence Renucci (CR- Lille2/CNRS)
Nathalie Rezzi (IUFM-Aix-en-Provence)
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